Journée Départementale de l’Archéologie

Une première dans le Tarn : une journée consacrée aux recherches et aux découvertes archéologiques

Cet événement impulsé par la DRAC-Occitanie, le Conseil départemental du Tarn et le Conseil Départemental d’Archéologie du Tarn se déroulera le samedi 23 novembre aux Archives départementales d’Albi à partir de 9h.

Née d’une envie commune des acteurs de l’archéologie de parler du rôle primordial de leur discipline, cette journée a pour but de permettre à chacun de s’approprier son histoire. Avec une mise en lumière des chercheurs et de leurs méthodes, des recherches et des découvertes archéologiques de ces 3 dernières années dans le Tarn, ce samedi 23 novembre sera source d’échanges et d’inspiration.

Professionnels, passionnés, amateurs ou simples curieux, cette journée se veut ouverte au plus grand nombre, afin qu’ensemble, nous partagions les connaissances liées à notre patrimoine et au passé de notre territoire.

Nous vous invitons à explorer le Tarn dans toute sa complexité et sa diversité et à venir à la rencontre de ceux qui lisent, dans son sol, l’histoire de notre département.

Entrée libre et gratuite.

Buffet du midi : 10€ par personne, inscriptions et réservations avant le mardi 19 novembre au 09.53.34.90.81 ou contact@archeotarn.fr

Matinée : Projets de recherche et prospections inventaires

9h Ouverture

9h30 Anne Filippini : Le fer dans le Tarn aux périodes anciennes, prospection inventaire

9h45 Marion Brochot, doctorante, Université de Toulouse Jean Jaurès, Laboratoire TRACES, UMR 5608 : Premier aperçu de la vaisselle en verre chez les Rutènes

Le verre archéologique est aujourd’hui considéré comme un marqueur chronologique, social et culturel. Pourtant, les collections de verres antiques découvertes dans le Tarn et l’Aveyron restent méconnues. Au travers d’une thèse sur la vaisselle en verre chez les Rutènes, je reprends l’étude de ces collections anciennes afin d’apporter un nouveau regard sur ce territoire, à la frontière des provinces d’Aquitaine et de Narbonnaise. Il s’agit d’identifier les formes et les techniques de fabrication des vases, de retracer les réseaux d’échanges et de localiser l’origine des productions. L’objectif est ainsi de mieux connaître la diffusion et le commerce du verre dans le sud-ouest de la Gaule.

10h00 Julien Pech, archéologue, Mosaïques Archéologie : De la donnée de terrain à son exploitation, l’Atlas archéologique de Montans (2014-2017)

L’Atlas archéologique de Montans est l’aboutissement d’un travail de recherche réparti sur plusieurs années. Son objectif était de recenser, synthétiser et de mettre en perspective les données archéologiques disponibles afin de créer un outil polyvalent d’aménagement et de valorisation. A la fois enquête de terrain, en archives, dans les bibliothèques mais également auprès des acteurs bénévoles ou professionnels qui ont été amenés à s’intéresser au patrimoine montanais, il propose un instantané de la connaissance archéologique de cette commune du Tarn.

10h15 Daniel Schaad, chargé de mission espaces protégés – Drac-Occitanie : L’intégration des Rutènes au cadre romain : l’affaire d’une élite gauloise

La publication en 2018 d’une Histoire du Tarn aux éditions Privat étaitl’occasion pour nous de se prêter à l’exercice d’une synthèse sur la moitié sud du territoire des Rutènes durant la seconde phase de l’âge du Fer et l’époque gallo-romaine. Et bien qu’aucune découverte majeure n’est venue émailler l’archéologie locale depuis la publication de la carte archéologique du Tarn en 1995, la grande synthèse du colloque sur les Rutènes en 2007, la publication d’atlas archéologiques et quelques fouilles récentes sur des sites majeurs comme Rodez, Montans ou Saint-Sulpice ont ouvert le champ à de nouvelles réflexions sur la structuration politique des Rutènes au moment du passage de l’indépendance à l’intégration au cadre romain.

10h30 Questions

10h40 Pause

11h Marie-Elise Gardel : l’Hautpoulois, exploitation des ressources naturelles au Moyen-Age et à l’époque moderne, projet de recherche

11h15 Bernard Pousthomis pour le Projet Collectif de Recherche : Nouvelle étude du Palais épiscopal d’Albi

Le palais épiscopal d’Albi a fait l’objet d’études depuis le XIXe siècle, mais par des historiens et historiens de l’art qui cherchaient le plus souvent à faire coller des textes au bâti. Un Projet Collectif de Recherche (PCR) pluridisciplinaire lancé en 2015 reprend en totalitél’analyse de l’édifice par le biais de l’archéologie des élévations. Les résultats acquis sont spectaculaires et ne font que regretter toutes les informations qui ont pu être perdues lors des lourds travaux de restructuration du musée Toulouse-Lautrec (2000 à 2012). En particulier la chronologie des tours Sainte-Catherine et Saint-Michel, que l’on croyait acquise, est inversée et les travaux réalisés aux XVe et XVIe siècles sont apparus plus importants qu’on le supposait jusque là.

11h30 Soizic Foucher, archéologue, Centre d’Etudes et de Recherches en Archéologie du Castrais : Activité humaine et occupation des sols sur le canton de Castres : nouvelles perspectives

Depuis 50 ans, l’association du CERAC réalise l’étude et la valorisation du patrimoine archéologique local. La prospection systématique du Castrais a révélé son potentiel archéologique : près de 150 sites ou indices de sites ont ainsi été reconnus. Aujourd’hui, se replonger dans l’historique du CERAC permet d’envisager de nouvelles perspectives d’études avec les problématiques et les techniques actuelles. Après une présentation générale, nous développerons deux sites en particulier : la grotte de Lacalm (Aiguefonde), fouillée dans les années 70, et le bastion de Labruguière, dont l’étude, commencée il y a plusieurs années, va se poursuivre en 2020.

11h45 Jean-Louis Enjalbert : Expérimentation concernant la céramique protohistorique : confection, cuisson et utilisation

Le Centre Archéologique du Puylaurentais expérimente depuis plusieurs années une approche de la technologie des vases provenant de la nécropole protohistorique de Ste Eulalie à Péchaudier (Tarn). Au cours d’une animation en partenariat avec des potiers amateurs et professionnels, le grand public a pu découvrir des techniques mises en œuvre au cours des siècles. Le CAP a poursuivi l’expérimentation par l’observation attentive des poteries issues de la nécropole, la sélection de terres adéquates, la confection de copies de poteries en utilisant différentes techniques possibles, l’expérimentation de plusieurs modes de cuissons, des tests portant sur la porosité et l’étanchéité. Nous présenterons quelques aspects de la démarche et de nos premières conclusions.

12h Questions

12h30 Pause déjeuner

Après-midi : résultats des fouilles et sondages

14h Fabienne Landou, responsable de recherches archéologiques, Inrap : Les résultats des diagnostics réalisés à Saint-Sulpice-la-Pointe, ZAC « Les Portes du Tarn »

Le projet d’aménagement d’une ZAC, géré par la SPLA « Les portes du Tarn », a donné lieu à quatre prescriptions d’opérations de diagnostic archéologique qui se sont déroulées entre 2014 et 2017. L’emprise du projet est localisée à l’ouest du village de Saint-Sulpice-la-Pointe, sur les communes de Saint-Sulpice-la-Pointe et de Buzet-sur-Tarn. Sur ce terroir à la confluence du Tarn et de l’Agoût, les parcelles concernées se répartissent dans la basse plaine du Tarn et sur la moyenne terrasse du Tarn. Ces quatre diagnostics, couvrant une superficie de 179 ha, ont permis de mettre en évidence plusieurs indices d’occupations de chronologie différente permettant d’acquérir de nouvelles données archéologiques, diachroniques et parfois inédites : des occupations du Paléolihique, des structures de combustion certainement du Néolithique, quelques structures du début de l’âge du Fer, un réseau de fossés et des fosses du 2ème âge du Fer, des indices d’occupation de l’Antiquité, des vestiges des périodes moderne et contemporaine, et des structures de datation indéterminée.

14h15 Jacques Mathieu : Témoignage de la période 1568-1572, découverte, en partie, du rempart XVIe s. – La motte féodale de Las Cals dit Mandoule, limite Est de la vicomté des Lautrec.

Témoignage de la période 1568-1572, découverte, en partie, du rempart XVIe s., Fiac. La municipalité de Fiac décide d’élargir l’espace de l’école élémentaire. Les classes sont établies au bas de l’ancien castrum. L’entreprise Boutier devait excaver le tertre sur un 1 mètre de profondeur, sur une déclinaison de 7°. Le conducteur de pelle pendant les travaux, découvre que son godet extrait des os humains. Le chef de chantier, averti Madame le Maire qui avertie le GERAHL (Groupe d’Etudes et de Recherches Archéologique et Historique du Lautrécois), à qui le SRA demande de faire une intervention d’urgence. Nous avons une demie journée de 9h à 12h. Nous avons dégagé sur un mètre carré un mur de briques foraines. Dans le prolongement de ce mur, à mi-pente du tertre un squelette debout, «collé » au mur.. Sommes-nous devant les remparts du XVIe siècle, qui ont subis les assauts du Duc de Montmorency du 10 au 15 août 1569 ? Les historiens de l’époque racontent ce siège comme le plus sanglant des guerres de religion.

La motte féodale de Las Cals dit Mandoule, limite Est de la vicomté des Lautrec, Castres. C’est par une recherche aux Archives Départementales du Tarn, avec l’historien S. Montagne, que nous avons par prospection, découvert la motte que nous appellerons Mandoule. La première année, après un long nettoyage de la végétation nous avons pu faire un relevé topo. La deuxième année, le sondage accordé, nous permet de dégager un bâti semi circulaire effondré aux extrémités. Cent onze fragments de poteries du XVIIe siècle et 6 fragments du XVIe siècle ont été découverts sur les 15/20 cm d’épaisseur du sondage. Volontairement nous n’avons pas renouvelé notre demande de sondage. Nous expliquerons ceci lors de notre exposé.

14h30 Lelouvier-Croset Laure-Amélie, responsable de recherches archéologiques, Inrap : Des indices d’occupations du Ier siècle après J.C à Massac-Seran

Dans le cadre d’un diagnostic archéologique réalisé en janvier 2017 par l’Inrap sur la commune de Massac-Seran en amont d’un lotissement, des sondages ont permis de mettre au jour des vestiges antiques à travers du mobilier céramique et des structures en creux, y compris un fossé.Il s’agit de fosses aux parois rubéfiées et aux comblements riches en galets, fragments de céramique et en esquilles osseuses. Leur fonction nous reste inconnue en dépit des prélèvements réalisés pour une étude fine du comblement. Un fossé nord- sud situé à mi-pente du terrain semble contemporain avec un remplissage assez complexe mais renfermant du mobilier antique et pouvant correspondre à une limite d’enclos. L’ensemble du mobilier céramique récolté dans les différentes structures est homogène et est daté du Ier siècle. L’hypothèse d’un petit établissement rural antique précoce, idéalement implanté dans une plaine proche d’un cours d’eau semble plausible. Elle est à mettre en relation avec les découvertes effectuées antérieurement (intervention 2016 par C. Sommaggio et Ch.Servelle) et participe aux recherches déjà réalisées depuis plusieurs années sur la commune et aux alentours.

14h45 Thibaud Canillos, responsable d’opérations, Mosaïques Archéologie : Suivi archéologique des travaux de l’opération Interc’eau Sud- Ouest Tarnais – occupations antiques et médiévales sur les communes de Puylaurens et Saint-Germain-des-Près.

Le suivi archéologique des travaux occasionné par l’opération Interc’Eau Sud-Ouest Tarnais, a consisté en un suivi de la pose d’une conduite souterraine d’eau potable allant de 100 à 500 mm de diamètre et dont le fond de fouille se situait entre 80 cm et 2,50 m de profondeur, pour une largeur de 1 m en moyenne. L’intervention a porté sur un linéaire de 11 500 m et elle s’est déroulée au cours de l’automne 2016. En raison de la découverte de plusieurs vestiges antiques (bâtiment et réseau fossoyé) et médiévaux (aire d’ensilage et fosses) sur la commune de Puylaurens, une fouille en aire ouverte a été enclenchée sur ce secteur du 7 novembre au 2 décembre 2016.

15h Questions

15h20 Pause

15h30 Mélanie Chaillou, archéologue, les fouilles programmées dans la « Tour des Lautrec » : un cimetière des XIIIe-XVe siècles dans l’ancienne abbaye Notre-Dame de la Sagne, Vielmur-sur-Agoût

À Vielmur-sur-Agoût, l’ancienne abbaye Notre-Dame de la Sagne renferme un édifice médiéval dont l’originalité réside dans la superposition d’une salle seigneuriale au-dessus d’un cimetière. Baptisée à sa découverte la « tour des Lautrec », celle-ci est supposée être le lieu d’inhumation des vicomtes éponymes, fondateurs de l’abbaye au début du XIe siècle. Après une étude du bâti commandée par la municipalité et la Drac en 2013, des fouilles programmées y sont organisées depuis 2015. Si elles confirment la présence d’un cimetière privilégié, la gestion de cet espace funéraire et l’identification des groupes sociaux auxquels appartenaient les défunts posent encore de nombreuses questions.

15h45 Loïc Buffat, archéologue, Mosaïques Archéologie : La nécropole du Causse : bilan des dernières recherches, Labruguière

16h Alaïs Tayac, archéologue, Le sarcophage monoxyle en bois des Avalats, Saint-Juéry

Le sarcophage monoxyle des Avalats (Commune de Saint-Juéry) a été découvert durant l’été 2005 lors de travaux de réfections de la voierie au sein du vieux village à proximité de l’emplacement de l’ancienne église rasée au XIXe siècle. Ce type de sépulture, mal connu car très rare, est caractérisé par la réalisation d’une cuve taillée dans un tronc d’arbre dans laquelle est déposé le défunt. Une couverture en bois peut lui être associée. Cette structure funéraire nous apporte des éléments de compréhension sur le mode de fabrication de ces objets, sur leur conservation et enfin sur l’histoire du village des Avalats.

16h15 Léa Gérardin, archéologue : Evolutions du domaine de la Verrerie de Carmaux (1752 – début du Xxe s.), Carmaux

Dès sa création en 1752, le site verrier de Carmaux est un projet ambitieux et novateur. C’est en effet la première manufacture de bouteilles avec des fours fonctionnant au charbon de terre en Languedoc. L’étude que nous avons menée sur le Domaine de la Verrerie en 2016 donne un nouvel éclairage sur le potentiel patrimonial conservé sur ce site. Elle permet de préciser les techniques et les types de production de l’une des verreries majeures du sud de la France. Elle permet également de mettre en lumière les grandes évolutions du site verrier qui est aujourd’hui devenu un musée entouré d’un parc. Le site a en effet plusieurs fois été redessiné depuis l’arrêt de la production pour devenir un lieu d’agrément oblitérant parfaitement son passé industriel. Cette étude nous permet donc d’entrevoir l’importance du patrimoine monumental disparu, et surtout de celui qui est conservé.

16h30 Questions

17h Discours de clôture

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